L’aventure de deux éducatrices spécialisées françaises au Québec : un retour à la vie étudiante au Témiscouata !

Publié le 16 décembre 2025

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Parties en août dernier, les deux étudiantes diplômées ont décidé de revenir sur les bancs de l’école, mais cette fois-ci de l’autre côté du globe : au Canada. Retour sur leurs premières impressions de cette nouvelle aventure.

  • Qu’est-ce qui vous a poussées à venir étudier au Québec, au campus du Témiscouata exactement ? Est-ce que l’expérience correspond à vos attentes ?

Eloane Cariou, diplômée du campus Lorient : La proposition d’un tel projet est source de réflexion, je me suis vite projetée dans la chose. J’en ai parlé à ma famille, j’ai participé aux rencontres en visio, et je me suis vraiment dit que j’allais vivre une super expérience tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. Je n’ai pas vraiment eu le choix du campus, car c’est une entente entre mon école en France et le campus du Témiscouata. Après un mois ici, je peux dire que l’aventure correspond à mes attentes même si certains cours me font revenir un peu en arrière dans mon parcours scolaire.

Jeanne Trichard, diplômée du campus Saint-Brieuc : Lorsque l’on m’a présenté le projet et l’expérience professionnelle que ça allait pouvoir nous apporter, j’ai tout de suite voulu participer. Mon objectif en venant ici était clair : enrichir mes compétences dans le domaine de l’éducation spécialisée. Et c’est exactement ce que je vis aujourd’hui ! Durant nos cours, nous abordons des thématiques comme le trauma complexe, le trouble du spectre de l’autisme (TSA), la déficience intellectuelle et plein d’autres notions qui sont complémentaires avec mon cursus à Askoria.

  • Qu’est-ce que vous pensez que cette expérience va vous apporter ?

E.C. : Cette expérience va me permettre de grandir personnellement et professionnellement. D’abord en me permettant de sortir de ma zone de confort en découvrant les différences de modes de vie entre la France et le Québec. Ce projet viendra également compléter ma formation et mon diplôme obtenu en France. Je vais aussi pouvoir visiter le pays et rencontrer de nouvelles personnes.

J. T. : Selon moi, cette expérience renforce mon sentiment de légitimité en tant que professionnelle. Le Cégep nous transmet des outils que je vais pouvoir utiliser pour appuyer mon propos. Au-delà de l’apprentissage, c’est aussi une expérience très enrichissante sur le plan humain. Même mon vocabulaire professionnel a évolué : par exemple, je parle désormais d’identification des forces et des défis, ce qui change ma façon de percevoir le travail social.

  • Comment avez-vous été accueillies ?

Eloane et Jeanne : Grâce à la gentillesse et à la disponibilité des personnes rencontrées, nous avons pu construire nos habitudes de vie sur le territoire Québécois. Nous avons été soutenues dans notre adaptation, et ce, grâce à leur accueil et à leur écoute de nos besoins. Nous nous sommes senties attendues par tous et toutes : des activités étaient prévues, l’entrée dans nos logements était organisée… Les professionnels avaient anticipé nos souhaits de nous procurer une voiture et de trouver un travail.

  • Dans quel genre de logement habitez vous ?

E.C : Je vis au sein d’une famille qui m’accueille dans leur maison, et avec qui je partage l’entièreté de la vie familiale. J’habite aussi en collocation avec une autre étudiante française qui est là pour cinq mois et qui est en plein cursus de formation à Évreux en BUT Carrières Sociales. Le couple qui m’héberge est très content de le faire. Il s’assure que je ne manque de rien et que je me sente à l’aise à la maison. Il me propose plein d’activité : soirée au camping avec les enfants et les petits enfants, fête de Noël, futures randonnées en Ski-Doo, etc.

J.T : Je vis en colocation avec une autre étudiante française qui a déjà obtenue son diplôme à Évreux. Nous avons la chance d’habiter dans une maison au bord du lac Témiscouata. Nous avons une vue dégagée sur la montagne du Fourneau et le parc national. Nous avons accès à une plage pour nous baigner directement dans le lac. Après les cours, il nous arrive souvent d’inviter les étudiantes françaises et québécoises à la maison. Ce sont toujours des moments conviviaux, de vrais lieux de rencontre, souvent autour d’un barbecue ou d’un feu de bois.

Quelques mots de leurs professeurs…

  • Quel a été votre ressenti quant à leur arrivée ?

Karel Côté, coordonnatrice de département et enseignante en éducation spécialisée :

Déjà en avril dernier, l’excitation était présente. En effet, Éloane et Jeanne confirmaient leur venue parmi nous. Je me disais qu’enfin nous pourrions voir des projets de mobilité se concrétiser après plusieurs mois de travail avec l’établissement d’Askoria. Je peux donc dire que le matin de leur arrivée au Témis, j’étais surexcitée! C’est un projet auquel je crois beaucoup et c’est un sentiment de fierté qui m’habite depuis qu’elles partagent notre quotidien. C’est d’abord une aventure humaine, une expérience qui vient du cœur.

Claudia Beaulieu, enseignante de littérature :

J’avoue que j’ai ressenti beaucoup de curiosité! Comme le campus du Témiscouata se situe en milieu très rural, j’avais hâte de rencontrer ces jeunes femmes courageuses qui avaient choisi notre tranquille coin de pays pour s’installer pendant un an! Comme elles viennent elles aussi de la campagne, leur adaptation semble se passer à merveille! Elles apprécient la beauté de la nature. Elles ont eu la chance jusqu’ici de profiter des dernières chaleurs de l’été au bord du lac Témiscouata et d’admirer les couleurs flamboyantes de l’automne !

  • Quel impact a la présence de ces étudiantes internationales sur votre campus ? Comment cela se passe-t-il en classe et sur le terrain ?

K.C. : Je vois un impact sur toute la communauté témiscouataine. Tout le monde se mobilise pour accueillir les étudiantes comme tout Québécois ou Québécoise a la réputation de le faire, c’est-à-dire avec beaucoup de bienveillance et de respect. Elles apportent un lot d’expériences personnelles et professionnelles qui nous inspire et nous donne le goût d’en apprendre plus sur elles et sur leur pays.

C.B. : En ce qui concerne la classe de Littérature québécoise, je peux dire que c’est très agréable de partager avec elles la culture d’ici tout en découvrant des éléments de la leur. Elles font preuve d’une grande ouverture et d’une rigueur remarquable. Je sens que les autres étudiant(e)s prennent plaisir à échanger avec leurs collègues françaises sur tous les sujets.