11 juin 2019

Tout Atout

 

 

Tout Atout est une association qui a pour but la réinsertion sociale de jeunes adultes (16/35 ans) en situation de fragilités, par l’action artistique et culturelle. Pour cela, Jérôme Thiébaut & Carine Peynaud conçoivent des projets avec des artistes et des partenaires culturels. Différents jeunes, orientés par les structures sociales, vont s’impliquer progressivement à l’intérieur afin de se re-mobiliser dans leur trajet de vie…

Ils se donnent pour mission de :

    • Favoriser l’engagement, le lien social et l’insertion
    • Accompagner l’émergence des artistes
    • Favoriser l’échanger et la rencontre entre les professionnels du social, de l’artistique et du culturel
    • Conseiller des partenaires dans la mise en œuvre de leurs projets, notamment ceux qui ne sont pas à leur initiative

Leur témoignage

Edito de la Newsletter de Tout Atout, par Jérôme Thiébaut, responsable de l’association 

Voilà huit semaines maintenant que nous avons dû geler nos activités pour plonger dans une situation inédite. Les mois de mars et avril étaient ceux où notre activité était la plus importante. Le numéro 20 de l’Hypocrite sur la démocratie devait sortir, le workshop qui rassemblait 25 jeunes de Tout Atout et de l’Ecole des Beaux Arts pour le nouveau Fait Main allait commencer, l’équipe de la Poursuite attaquait les répétitions finales de sa performance, on peaufinait les documents de l’Assemblée générale… et puis l’impensable s’est produit pour nous confiner dans un espace que l’on ne mesurait plus depuis longtemps, celui du temps.

Qu’il soit long ou pas, que l’on sache l’occuper ou pas, il est plus facile à supporter selon le nombre de mètres carrés dont on dispose, ce que l’on a dans le porte-monnaie en début de mois, selon que l’on soit entouré de ceux que l’on aime ou de ceux que l’on déteste. L’importance vitale de nos liens sociaux a été révélée. Il n’y a pas pire maladie que la solitude quand elle n’a pas été choisie. Les certitudes vacillent, notre modèle de société basée sur la consommation ne repose que sur du sable, les derniers de cordée sont les premiers à nous aider, les milliards d’euros ne permettent pas de comblée les inégalités structurelles.

Il va donc falloir bâtir l’après et en même temps absorber l’onde de choc. Panser les plus fragiles autour de nous. Les artistes, ceux qui nourrissent les circuits culturels et qui paradoxalement sont les moins protégés. Les jeunes, plongés dans l’angoisse d’un avenir de plus en plus incertain.

Mais regarder en soi (quand Netflix est éteint) pour savoir ce qui est important, ne va pas de soi! Comment imaginer un projet lorsqu’on ne sait pas quand on va sortir? Comment réveiller le corps qui se met en sommeil dans la monotonie des jours et l’esprit qui va avec?

La tâche est immense, tout reste à inventer et « il serait dommage de gâcher une bonne crise » comme disent les Anglais, parce qu’on n’a pas su réagir.

 

Mail du 10 avril 2020 – Jérôme Thiébaut

« Salut Marion,
Peu de choses à dire que tu ne connaisses déjà de notre côté. Toute notre activité avec les jeunes est suspendue et on télétravaille pour trouver des solutions. Avec une question sans réponse dans un coin de la tête : est-ce qu’il va falloir rattraper le temps perdu ? (donc retourner dans le système productiviste du monde d’avant ?) ou penser avec tous les acteurs de notre écosystème une nouvelle organisation politique de notre travail dès la fin du confinement ? (je ne parle pas des cahiers de doléances numériques du type « le jour d’après » mis en place par les parlementaires et où- ce matin encore – aucune discussion n’était consacrée à la Culture).

Le seul projet sur lequel on peut travailler en ce moment c’est l’Hypocrite. On a reporté le numéro avec Charlie Hebdo pour faire un cahier de vacances que l’on glissera dans le numéro 20. Carine a mobilisé 6 jeunes de l’Hypocrite pour le réaliser à distance via la plateforme Teams.
C’est tout!

On essaie aussi de mettre à profit cette période pour travailler les dossiers que l’on n’a jamais le temps de traiter ou que l’on repousse toujours au lendemain (l’évaluation, les formations…). Sans aller à la bibliothèque, alors que ces travaux sont avant tout basés sur de la documentation, alors on pose les questions à Google. Et à la pause café, on repense à toutes ces belles volontés qui proclamaient, en plein débat sur l’ouverture des supermarchés le dimanche, que les temples de la consommation devraient rester fermés alors que ceux de la culture devraient être ouverts. En pleine catastrophe, pas de services minimum où l’on peut venir prendre des livres mais pas de soucis pour dévaliser les rayons farine. Les caissières seraient plus courageuses que les bibliothécaires ?

Prenez soin de vous
Bises

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